Illustration comparant Qwant, DuckDuckGo et Brave Search après plusieurs semaines de test sans Google.

Qwant vs DuckDuckGo vs Brave Search : Lequel Choisir en 2026 ?

Pendant des années, j’ai répondu la même chose à ceux qui voulaient quitter Google : « prenez DuckDuckGo ». C’était vrai il y a cinq ans. Aujourd’hui, j’en suis moins sûr. Alors j’ai fait le test Qwant vs DuckDuckGo vs Brave Search sérieusement : chacun trois semaines en moteur par défaut, sur le PC du bureau et sur mon téléphone. Sans retour possible vers Google quand un résultat me déplaisait.

Rien de scientifique là-dedans. Juste mes recherches de tous les jours : un message d’erreur Windows, l’horaire de la déchetterie, une doc technique en anglais. Voici mon avis Qwant vs DuckDuckGo vs Brave Search, en commençant par le tableau. C’est ce que j’aurais voulu trouver en tapant la question.

Qwant vs DuckDuckGo vs Brave Search : le comparatif en un tableau

Qwant DuckDuckGo Brave Search
Éditeur Qwant (Synfonium), France DuckDuckGo Inc., États-Unis Brave Software, États-Unis
Index Staan (propre, avec Ecosia) + Bing en complément Bing + robot DuckDuckBot + sources tierces Propre à 100 % depuis avril 2023
Hébergement des données Europe États-Unis États-Unis
Profilage publicitaire Non Non Non
Publicité Contextuelle (régie Microsoft) Contextuelle (régie Microsoft) Contextuelle (régie Brave)
Réponse IA Réponse Flash Duck.ai et DuckAssist, désactivables Ask Brave, désactivable
Version sans IA Réglages limités noai.duckduckgo.com Réglages
Option payante Aucune Plus/Pro à partir de 9,99 $/mois (IA) Premium 3 $/mois, sans pub, navigateur Brave uniquement
Bangs / raccourcis Non Oui (!w, !a…) Oui
Cartes Qwant Maps (OpenStreetMap) Apple Maps Résultats locaux anonymisés

Quel moteur de recherche alternatif a vraiment son propre index ?

Comparaison de Qwant, DuckDuckGo et Brave Search montrant leurs sources d’indexation : Staan et Bing pour Qwant, Bing et sources tierces pour DuckDuckGo, index propre pour Brave Search.

Il faut que je vous explique un truc avant de parler de vie privée. La plupart des moteurs « alternatifs » n’ont pas de moteur du tout. Pas de robot qui parcourt le web, pas de base de pages à eux. Ils envoient votre requête à Bing, récupèrent la liste, retirent ce qui vous identifie et l’affichent avec leur logo.

C’est une vraie protection pour vos données, je ne dis pas le contraire. Mais le jour où Microsoft change ses conditions, le moteur alternatif suit. Il n’a pas son mot à dire.

Brave Search : le seul index indépendant

Sur ce point, Brave est à part. Depuis avril 2023, il ne fait plus appel ni à Bing ni à Google pour les pages web. Les images et les vidéos ont suivi en août de la même année. Tout vient de son propre index, hérité de Cliqz, un moteur allemand qui avait fermé. Il reste une option de repli vers Google dans les réglages. Elle est désactivée par défaut et je ne l’ai pas touchée.

La contrepartie, Brave ne s’en cache pas : son index est bien plus petit que celui de Google. C’est un choix pour limiter le spam. Sauf que sur les requêtes rares, ça se sent. J’ai cherché un vieux fil de forum sur un problème de carte réseau, quelque chose de 2009 ou 2010. Brave ne l’a pas trouvé. Bing me le sortait en deuxième position.

Qwant vs DuckDuckGo : deux façons de dépendre de Bing

Le cas de Qwant est plus compliqué. Pendant des années, ses résultats étaient ceux de Bing, point. Ça a bougé en 2024, quand Qwant et Ecosia ont monté European Search Perspective, une coentreprise chargée de construire un index européen. Cet index s’appelle Staan. Il tourne depuis août 2025 et sert une part croissante des requêtes, d’après Qwant. Il y a eu aussi le rachat de Lilo en mai 2025, puis l’ouverture de Staan en API à Vivatech en juin.

Mais Bing reste là en renfort, surtout dès qu’on sort du français. Qwant coupe le cordon, il n’est pas coupé. Et cette dépendance lui a déjà coûté cher. Sa plainte contre Microsoft pour abus de position dominante a été rejetée par l’Autorité de la concurrence en novembre 2025.

DuckDuckGo, lui, ne prétend rien de plus que ce qu’il fait. L’essentiel vient de Bing. Un petit robot maison, DuckDuckBot, et quelques centaines de sources tierces complètent pour les réponses instantanées. Wikipédia, Apple Maps, ce genre de choses. La qualité est donc celle de Bing : très bonne en anglais, honnête en français. Pas de surprise.

Si vous voulez creuser pourquoi l’index est pour moi le critère numéro un, j’ai développé ça dans le guide sur le meilleur moteur de recherche alternatif.

Qwant vs DuckDuckGo vs Brave : lequel protège le mieux vos données ?

Je vais vous décevoir si vous cherchiez un gagnant. Sur l’essentiel, les trois font la même promesse. Pas de profil publicitaire, pas de recherches rattachées à votre identité, pas de revente. Je n’ai rien lu dans leurs politiques de confidentialité qui la contredise. Les différences sont ailleurs, et elles sont moins visibles.

Le pays qui héberge vos recherches

Qwant est une entreprise française. Ses serveurs sont en Europe et le RGPD s’applique directement, sans clause de transfert à l’étranger. DuckDuckGo et Brave sont américaines. Elles ne gardent rien qui permette de vous retrouver, mais elles restent soumises au droit américain.

Pour un particulier, ça pèse peu. Pour une entreprise avec des contraintes de souveraineté, c’est souvent ce qui tranche. Ce n’est pas un hasard si le Parlement européen a basculé ses postes de Google vers Qwant en juin 2026.

La publicité et l’option sans pub

Il y en a chez les trois, il faut bien vivre. Chez Qwant et DuckDuckGo, les annonces viennent de la régie Microsoft. Elles sont ciblées sur le mot que vous venez de taper, pas sur vos recherches de la veille. Brave a sa propre régie, sur le même principe. Dans tous les cas, si vous cliquez sur une annonce, l’annonceur récupère votre adresse IP.

Le seul qui propose de supprimer la publicité, c’est Brave, avec son abonnement Premium à 3 dollars par mois. Mais il faut utiliser le navigateur Brave pour en profiter. Ça ne marche pas depuis Firefox ou Chrome.

L’incident DuckDuckGo de 2022

Cette année-là, un chercheur en sécurité a remarqué que le navigateur mobile de DuckDuckGo laissait passer certains traceurs Microsoft. La cause : le contrat avec Bing. DuckDuckGo a corrigé et publié la liste des exceptions restantes. Le moteur de recherche lui-même n’était pas concerné. Mais l’épisode dit bien le problème. Quand vous dépendez d’un fournisseur pour vos résultats, vous n’êtes pas en position d’imposer vos conditions.

Pour ce qu’un moteur a le droit de conserver, la CNIL a une page assez claire sur le sujet. Je vous la mets en lien plutôt que de la reformuler.

Recherche IA : qui vous laisse le choix ?

Ce critère n’existait pas il y a deux ans. Aujourd’hui, c’est sans doute celui qui fait le plus changer les gens de moteur. Depuis la conférence Google I/O de mai dernier, les résumés IA s’affichent en tête de page chez Google. Aucun réglage ne permet de les retirer. DuckDuckGo a annoncé dans la foulée 30 % d’installations en plus. Ça donne une idée du nombre de gens que ça agace.

DuckDuckGo : Duck.ai, DuckAssist et la version sans IA

DuckDuckGo a compris ce que les gens veulent : pouvoir dire non. Duck.ai est un chat qui relaie vos questions à des modèles tiers, ceux d’OpenAI, d’Anthropic ou de Mistral. Un proxy retire tout ce qui pourrait vous identifier, et vos échanges ne servent pas à l’entraînement. DuckAssist, c’est autre chose : un résumé de Wikipédia dans les résultats.

Les deux se coupent dans les réglages sans chercher longtemps. Et si vous ne voulez rien voir, il existe une adresse dédiée, noai.duckduckgo.com, sans le moindre élément généré. Un abonnement Plus à 9,99 dollars par mois, et un palier Pro au-dessus, donnent accès à des modèles plus puissants. Le moteur, lui, reste gratuit.

Brave : Ask Brave et les Goggles

Ask Brave produit un résumé sourcé à partir de l’index de Brave, et vous pouvez enchaîner des questions. Il ne se déclenche pas tout seul. Vous le demandez, par exemple en commençant votre requête par un point d’interrogation. On peut aussi le désactiver complètement.

Ce que j’aime surtout chez Brave, ce sont les Goggles, dont on parle peu. Ce sont des filtres, créés par la communauté ou par vous, qui réordonnent les résultats selon des règles. Exclure les grands médias, ne garder que les forums, faire remonter les blogs personnels. J’en utilise un qui écarte les sites de contenu généré. C’est en grande partie pour ça que Brave est resté sur mon poste de travail.

Qwant : la Réponse Flash

Qwant affiche un résumé instantané au-dessus des résultats, la Réponse Flash. Ce qui est intéressant, c’est l’expérimentation lancée en janvier avec les éditeurs de presse français. Pendant neuf mois, Qwant mesure ce que ces résumés rapportent ou coûtent aux médias, avec l’idée de tester un modèle de rémunération. Je ne connais pas d’autre moteur qui fasse ça. En revanche, la fonction est moins aboutie que chez les deux autres, et les réglages pour la limiter sont sommaires.

Quel moteur pour un usage en France ?

C’est ici que Qwant marque des points, et pas des petits. C’est le seul des trois conçu pour un public français. Actualités, cartes, résultats locaux : tout est calé sur la France. Qwant Maps, qui s’appuie sur OpenStreetMap, m’a suffi pour tous mes itinéraires pendant trois semaines. Je n’aurais pas parié dessus au départ.

Le moteur existe en application iOS et Android, et en extension pour Firefox, Chrome et Edge. Sa part de marché reste faible, un peu plus de 0,5 % en France en mars dernier. Mais l’adoption vient par le haut : les administrations, l’Éducation nationale, et maintenant le Parlement européen.

DuckDuckGo et Brave sur les recherches françaises

DuckDuckGo s’en sort bien en français, puisque c’est Bing derrière. L’interface est intégralement traduite. Son gros avantage au quotidien, ce sont les bangs. Vous tapez !w devant votre recherche et vous atterrissez sur Wikipédia. !a pour Amazon, !lb pour Leboncoin, et il en existe des milliers. Une fois l’habitude prise, on peste contre tous les moteurs qui ne les ont pas.

Brave est le moins bon des trois sur les recherches locales françaises. L’horaire d’une boutique, un événement dans votre région, le site d’une communauté de communes : il rame par rapport à Bing. Ça progresse chaque année, mais 35 milliards de pages ne couvrent pas la longue traîne française de la même façon. Par contre, sur une recherche technique ou en anglais, il m’a souvent battu Qwant. Et parfois Bing.

Une précision : le moteur ne protège que la recherche. Ce qui se passe après le clic, c’est l’affaire du navigateur, et là c’est un autre comparatif : Brave, Firefox ou DuckDuckGo, quel navigateur privé choisir.

Verdict Qwant vs DuckDuckGo vs Brave : lequel choisir en 2026 ?

Illustration montrant un test comparatif de Qwant, DuckDuckGo et Brave Search pendant trois semaines sur ordinateur et smartphone, sans retour vers Google.

Voilà où j’en suis après neuf semaines de Qwant vs DuckDuckGo vs Brave, et le résultat dépend surtout de ce que vous cherchez à fuir.

Si votre priorité est de sortir de l’écosystème américain, prenez Qwant. Entreprise française, hébergement en Europe, index en construction avec Ecosia. Vous perdrez un peu sur les recherches pointues, et Bing restera dans les parages quelque temps. Mais c’est le seul des trois qui coche cette case.

Si vous voulez un moteur qui ne doive rien à Google ni à Bing, c’est Brave Search. Il n’y a pas d’autre choix. Excellent sur la technique et l’anglais, moins sur le local français. Gardez-en un deuxième sous la main.

Si vous voulez juste quitter Google sans rien réapprendre, DuckDuckGo reste le plus confortable. Vous retrouvez les résultats de Bing, vous gagnez les bangs et un vrai contrôle sur l’IA. Ce que vous ne gagnez pas, c’est l’indépendance vis-à-vis de Microsoft.

Et rien ne vous oblige à n’en garder qu’un. Changer de moteur par défaut prend une minute, sans compte ni migration. On peut très bien en avoir deux et alterner. Pour ma part, j’ai fini avec Brave sur le poste de travail et Qwant sur le téléphone. Et pour aller plus loin que le moteur, messagerie, stockage, cartes, le dossier sur les alternatives éthiques aux GAFAM fait le tour.

Questions fréquentes

Qwant utilise-t-il encore Bing ?

Oui, en complément de son propre index. Staan traite une part croissante des requêtes depuis août 2025, mais Bing reste sollicité, surtout hors du français.

DuckDuckGo appartient-il à Microsoft ?

Non. DuckDuckGo est une société indépendante, sans actionnaire extérieur. Elle achète les résultats de Bing et affiche les annonces de la régie Microsoft, mais ne lui transmet aucun profil.

Brave Search est-il gratuit ?

Oui, il est financé par la publicité contextuelle. L’abonnement Premium à 3 dollars par mois supprime les annonces, mais il n’est accessible que depuis le navigateur Brave.

Peut-on utiliser ces moteurs sans installer leur navigateur ?

Oui, tous les trois. qwant.com, duckduckgo.com et search.brave.com fonctionnent dans n’importe quel navigateur. Il suffit de les définir comme moteur par défaut.

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